Témoignage: Marie, fausses couches à répétition

Je m’appelle Marie et je suis la co-créatrice des Lionnes. Pour moi, le chemin vers la maternité est chaotique et long. Il aura été entrecoupés de moments de grande joie, suivis d’espoirs déçus, d’attente, de frustration, et puis d’un espoir, encore un peu plus grand…

Nous avons voulu un enfant en août 2015, et je suis tombée enceinte 4 mois après. Jusque là, tout allait bien, c’était même la trajectoire « idéale ».
Malheureusement, lors d’une visite de contrôle chez ma gynécologue à 9 semaines d’aménorrhée (SA), nous avons constaté que l’embryon avait arrêté de se développer. Au delà du choc et de la tristesse que cette annonce a provoquée, nous ne mesurions peut-être pas à ce moment là que nous passions dans une autre dimension: celles des urgences gynécologiques, du cytotec (je consacrerais prochainement un article à ce médicament qui aide a l’expulsion), de l’expulsion de l’embryon – un processus long et inconfortable, des larmes qui arrivent sans prévenir, du soulagement enfin, mêlé de mélancolie ensuite.

Et puis, il faut essayer de tourner la page. Faire une fausse couche, c’est fréquent… Réessayer. La deuxième grossesse se fait désirer, il faudra attendre un an. Une deuxième grossesse accueillie dans la joie mais avec beaucoup de prudence et d’anxiété; les derniers mois ont été longs et éprouvants et la désillusion de la grossesse précédente reste une blessure encore à vif. L’histoire se répétera, à 8 SA, lors d’un contrôle chez la gynécologue on constatera de nouveau un arrêt du coeur, et la petite taille de l’embryon pour son âge estimé. Si nous étions plus “préparés” à ce genre de nouvelle, au fond nous pensions sincèrement que le ciel ne nous tomberait pas sur la tête une deuxième fois. Le choc sera moins violent, mais la blessure plus profonde. Cette fois, le cytotec ne fonctionne pas, ou pas assez vite, l’expulsion se fera grâce à un curetage (là aussi, je consacrerais prochainement un article au curetage).

Sept mois plus tard, une troisième grossesse, une troisième fausse couche: plus précoce, les suites sont moins lourdes mais notre douleur devient sourde et un sentiment d’injustice s’empare de nous.  

Mais nous avons atteint un palier…celui des 3 fausses couches. Douloureux palier…mais qui nous permet d’être enfin écoutés, considérés par le corps médical et de rentrer dans un processus de recherche des anomalies qui causeraient ces fausses couches à répétition*. Nous passons donc une série d’examens en tout genre (analyses hormonales, ADN, fonctionnelles, etc.), mais la gynécologue-obstétricien qui nous prend en charge désormais nous a mis en garde, on « risque » aussi de ne pas trouver de cause. Effectivement, les résultats reviennent les uns après les autres, il n’y a rien d’anormal. Si c’est une excellente nouvelle, ce n’est pourtant pas la réponse que j’attendais, pour comprendre et faire le deuil de ce chemin vers la maternité, que j’imaginais tellement plus doux. A ce moment là, j’ai peur, car si on ne trouve pas de cause, alors on trouvera pas de solution? Ce n’est pas ce que pense notre médecin, elle est rapide, efficace, mais elle a l’air de croire qu’on va y arriver, faisons lui confiance….

Alors, nous voilà repartis pour un nouvel essai, naturel et sans aide médicale, mais avec quelques précautions et un traitement à prendre dès le début de la grossesse, dont les premières semaines seront plus suivies médicalement.

Vous faites peut-être partie de celles qui font parfois ce cauchemar: vous devez aller à un endroit, mais vous n’arrivez pas à avancer, tout vous retient; pour celles qui ne voient pas du tout de quoi je parle et qui se souviennent du clip Trippin’ de Robbie William: c’est comme monter des escalators qui s’obstinent à redescendre à chacun de vos pas. Où comme je l’ai dit à une amie, c’est comme jouer au jeu de l’oie et retourner sans cesse à la case départ pendant que les autres continuent d’avancer.

C’est exactement ce que j’ai ressenti pendant les deux dernières années. Pourtant, nous avons appris tellement de choses, nous avons dû faire face à deux à des évènements et des situations que nous n’avions jamais envisagés, et plus que jamais nous voulons fonder une famille.

J’ai eu envie de partager cette expérience avec d’autres, car il m’est arrivée de me sentir tellement seule et démunie face à un système médical certes très professionnel mais parfois dénué d’humanité; parfois tellement en colère contre certaines absurdités et surtout complètement ignorante sur des tas de sujets. J’ai la chance de pouvoir parler de tout cela avec mon compagnon, et mon entourage proche, mais je sais aussi que parfois on aimerait partager ses questions, ses doutes, ses humeurs avec des personnes qui ont traversé la même chose. J’ai envie, au cours de différents articles, d’aborder avec vous des sujets pratico-pratiques et quelques conseils que je retire de ma propre expérience et qui j’espère pourront vous éclairer, voir vous faire sourire.

A très vite !

* On considère “fausse couches à répétition” à partir de 3 fausses couches de suite.

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